L'Alsace

Ils sont arrivés hier en fin d’après-midi à Colmar après un périple de près de 440 kilomètres. Ils n’étaient finalement que six à finir la grande épreuve, le Paris- Colmar. Mais le dernier a bel et bien autant de mérite que le vainqueur, le Russe Osipov, qui a inscrit pour la 2 e fois son nom au palmarès.
« Difficile ». Tel a été le premier mot prononcé à l’arrivée par Jean-Marie Rouault, qui termine 2 e du classement général et premier Français. Après quelques larmes d’émotion, le sociétaire de Pithiviers reprend : « C’est vraiment une épreuve redoutable. On dit que c’est la plus dure et… c’est vrai. Mais c’est aussi la plus belle. Il y a des moments où on ne sait plus ce qu’on fait. On est dans l’effort et la souffrance, les gens ne comprennent pas tous, mais c’est magnifique. En plus, comme on a la chance comme moi d’être devant, c’est une superbe récompense ». Et pour ceux qui douteraient de la rudesse de l’épreuve, ils pourront poser la question à David Régy, longtemps en tête avant de connaître une défaillance qui a donné, si on peut dire, un coup de chaud aux organisateurs : « Ils ont eu un orage de grêle la première nuit, puis une deuxième nuit glaciale où il faisait quatre degrés à Bar-le-Duc », confiait Hervé Bride, le Colmarien, vice-président du comité d’organisation. « Ensuite, dans la journée, il a fait 27° à Nancy, et la différence de température a fait des dégâts. »
Résultat : alors qu’il se dirigeait vers un premier succès, Régy a été pris d’une crise de tétanie ! « On a eu très, très peur, poursuit Bride. Le Samu a dû intervenir. Maintenant, ça va mieux, mais il est encore en observation au service de cardiologie de Nancy. »
Les images du vainqueur final sont heureusement plus réjouissantes. Peut-être parce qu’il n’y croyait plus trop à la veille de l’arrivée, le Russe Osipov avait la moustache plus frétillante que jamais au moment de franchir la ligne, en 3 e position place Rapp, mais bel et bien vainqueur « pour de bon ». Un succès en forme de doublé puisque le marcheur russe s’était déjà imposé sur l’épreuve en 2009. Osipov a donc renouvelé son bail devant Jean-Marie Roualt et Gilles Letessier.
Chez les féminines, la Française Dominique Alvernhe remportait la « François 1er » au terme de 297, 7 km d’efforts, devançant la Russe Irina Pountintseva et l’autre Française Maggy Labylle. Aussi peu médiatisés soient-ils, ces garçons et ces filles-là restent donc des athlètes hors normes.
Plus de 56 heures sur la route par tous les temps avec pratiquement trois nuits sans dormir, ça vous classe indiscutablement un athlète dans la catégorie « héros ». D’autant plus qu’à peine la ligne franchie, les sollicitations s’enchaînent. Interviews à chaud d’une grande lucidité pour Rouault, hymne national et podium avec dans la foulée contrôle anti- dopage pour Osipov… Le tout avec le sourire.
« Faut être fort, rigole Comme le dit Rouault. La tête reprend toujours le dessus. Le problème du grand fond, faut « avoir de la gueule » et faut pas se plaindre. On voit tellement de choses dans nos sociétés, les gens se plaignent pour rien. Lundi, je vais rentrer travailler, je vais voir des gens râler parce que la machine à café ne marche pas, c’est extraordinaire ! »
le 26/06/2011 à 00:02 par Guy Thomann

Le Russe Dimitri Osipov a remporté la 29e édition de l'épreuve samedi à Colmar devant Jean-Marie Rouault et Gilles Letessier. David Régy a abandonné. Il ne restait plus que 7 coureurs sur les 19 partants pour cette dernière journée.







